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Les hommes à un dollar par année et les mouvements de grève de la Deuxième Guerre mondiale

Par Harrison Kennedy

Harrison Kennedy

Historical Contributor

Harrison Kennedy est stagiaire au musée de l’Institut militaire royal canadien. Harrison a obtenu une maîtrise en histoire militaire à l’université de Chester, au Royaume-Uni (campus de Shrewsbury). Harrison est également titulaire d’un Bachelor of Arts Honours, avec une double spécialisation en histoire et en sciences politiques à l’université de Carleton, à Ottawa.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’industrialisation et la militarisation des économies mondiales ont entraîné une transformation en profondeur du travail et mené à une série de bouleversements majeurs au sein de la population active canadienne. Ces perturbations ont généré des conflits entre les entreprises, les syndicats et les gouvernements, notamment lorsque la communauté des affaires et le ministre du cabinet libéral, Clarence Decatur (C.D.) Howe, se sont activement employés à bloquer toutes les tentatives déployées par les travailleurs de guerre pour améliorer leurs conditions de travail. En 1941, trois grèves – à la National Steel Car Company à Hamilton, à la Aluminum Company of Canada à Arvida, au Québec, et aux mines d’or de Kirkland Lake – découlent de ces conflits et sont liées à la réaction du gouvernement à la priorisation des besoins des entreprises et des travailleurs en temps de guerre. Cet article porte sur les luttes syndicales de cette époque et explique comment les conditions de travail ont évolué de façon à mieux tenir compte de la contribution des ouvriers vers la fin de la guerre.

Première Guerre mondiale

La Première Guerre mondiale marque une nouvelle ère de développement pour l’industrie canadienne, ainsi que la montée des syndicats. Le Royaume‑Uni organise la production du Canada par le truchement de la Imperial Munitions Board pendant la guerre[i], une production essentiellement axée sur les produits alimentaires, les ressources naturelles et les munitions[ii]. Au fur et à mesure que la Première Guerre mondiale avance, les pénuries de main‑d’œuvre s’aggravent, car les hommes de tous âges doivent aller combattre au sein de l’armée canadienne[iii]. Cette situation entraîne un faible taux de chômage et l’arrivée des femmes sur le marché du travail.

Usine de la Northern Electric Co. Ltd., 1916. Image reproduite avec l’aimable autorisation de Bibliothèque et Archives Canada.

Au premier coup d’œil, les conditions de travail au Canada semblent s’améliorer, avec la hausse des salaires et du niveau de vie, malgré une augmentation du coût des marchandises. Cependant, le gouvernement canadien n’exerce pas vraiment de contrôle sur la production[iv]. Alors que la Grande Guerre progresse et que les pénuries de main‑d’œuvre persistent, les syndicats du Canada y voient l’occasion de « négocier de meilleures conditions et de meilleurs salaires »[v]. Vers la fin de la guerre, 378 000 travailleurs font partie de syndicats représentant les métiers spécialisés et les ouvriers d’usine. De 1917 à 1920, les syndicats déclencheront 1 384 grèves impliquant 360 000 travailleurs dans tout le pays[vi]. Même si ces statistiques, et l’histoire du syndicalisme canadien pendant la Première Guerre mondiale, semblent saisissantes, la production industrielle canadienne de 1914 à 1918 est éclipsée par celle déclarée pendant la Seconde Guerre mondiale et par la vigueur accrue du mouvement syndical de cette époque.

Le ministère de Howe, les « hommes à un dollar par année » et le mouvement syndical canadien

C.D. Howe était originaire des États‑Unis[vii]. Il a étudié au Massachusetts Institute of Technology for Engineering et a déménagé au Canada en 1908. Il est devenu professeur en ingénierie à l’Université Dalhousie avant de se lancer dans l’industrie de la construction d’élévateurs à grains. Howe a été élu comme député pour la première fois en 1935, après avoir quitté sa carrière commerciale l’année d’avant. Fort de ses compétences en affaires, il est attiré vers le Parti libéral par Norman Lambert, alors chef de la Fédération libérale nationale du Canada. En avril 1940, le gouvernement crée le ministère des Munitions et de l’Approvisionnement, et Howe, ancien ministre des Transports, se voit confier la direction de ce nouveau ministère[viii]. Ses responsabilités comprennent [TRADUCTION] « l’achat de tout le matériel et de toutes les fournitures de guerre pouvant être nécessaires au Canada par nos services armés ou par les gouvernements d’autres nations. Le ministère est autorisé à mobiliser les ressources industrielles de la nation pour répondre à ces besoins[ix] ». En août 1940, le gouvernement modifie la Loi sur le ministère des Munitions et des Approvisionnements pour autoriser Howe à [TRADUCTION] « mobiliser, contrôler, restreindre ou réglementer, dans la mesure où le ministre, à son entière discrétion, le juge nécessaire, tout secteur ou toute industrie au Canada ou tout approvisionnement en munitions et fournitures de guerre[x] ». La nouvelle loi entre en vigueur après l’occupation nazie en France, en juin 1940, et donne lieu à des restrictions afin de développer la production de guerre au Canada[xi]. Le Canada est la « seule nation alliée dont un seul organisme s’occupe de tout l’approvisionnement de guerre[xii] ».

L’honorable C.D. Howe parle à un ouvrier dans une usine d’avions, mars 1941. Image reproduite avec l’aimable autorisation de Bibliothèque et Archives Canada.

Howe cherche à recruter des gens d’affaires canadiens – [TRADUCTION] « des cadres capables d’organiser et de galvaniser la production de guerre et de répartir les ressources limitées dont on dispose [xiii] ». Il souhaite que leurs employeurs continuent de les payer; [TRADUCTION] « il ne leur offrira qu’un dollar par année, et payera leurs dépenses, mais bon nombre de ceux qui viennent s’installer à Ottawa refuseront que l’on assume leurs dépenses[xiv] ». On les appellera les « hommes à un dollar par année », mais le concept n’est pas nouveau. Des hommes d’affaires américains offriront également leurs services au gouvernement de leur pays pendant la Première Guerre mondiale[xv].

Vers la fin de février 1941, on compte 107 hommes à un dollar par année au sein du gouvernement canadien, notamment des cadres, des comptables et des avocats[xvi]. Par contre, la plupart de ces hommes ne sont pas favorables aux syndicats et le premier ministre William Lyon Mackenzie King confirme qu’ils entretiennent toujours ce point de vue pendant la guerre[xvii]. Certains des hommes à un dollar par année agissent comme contrôleurs, ils sont nommés par le Ministère et possèdent pratiquement les pleins pouvoirs pour acheter et vendre, restreindre ou augmenter la production, prendre possession de marchandises ou de propriétés, émettre des licences, exiger la présentation de documents, etc.[xviii] ». Il y a donc de nombreux contrôleurs qui supervisent un vaste éventail de ressources et de services. Ces hommes à un dollar par année tiennent les cordons de la bourse très serrés, mais ils ont de la difficulté à contenir les coûts de la main-d’œuvre et défient les organisations syndicales.   

Au début des années 1940, le Canada connaît des pénuries de main‑d’œuvre, qui s’aggraveront en 1941[xix]. Ces pénuries donnent aux travailleurs un levier qui permet aux syndicats de revendiquer de meilleures conditions en leur nom. Les salaires et une représentation syndicale adéquate constituent les deux causes principales des grèves en 1940 et 1941[xx]. Selon un article du  Financial Post de 1941, le gouvernement canadien entend autoriser les négociations collectives dans le but de « stabiliser les relations industrielles en temps de guerre », mais pour éviter un conflit avec les entreprises et industries canadiennes, il ne fait pas directement référence aux syndicats[xxi].

Les travailleurs et les employeurs voient les négociations collectives différemment, surtout en ce qui concerne l’implication ou non des syndicats[xxii]. Dans un effort pour demeurer impartial, King mentionne que [TRADUCTION] « le gouvernement doit s’employer à tenir compte des deux points de vue, de manière objective, et à la lumière des conditions actuelles à l’échelle mondiale [xxiii] ». Cependant, la neutralité se révèle difficile pour les membres du gouvernement. Par exemple, le ministre des Mines et des Ressources, Thomas Crerar, croit que les organisations syndicales protègent des communistes et des nazis[xxiv]. Également, les journaux rapportent la menace croissante d’une infiltration des organisations syndicales : [TRADUCTION] « des activistes syndicaux, relevant d’employeurs étrangers, sont déterminés à utiliser l’urgence de guerre pour syndiquer les usines et installer leur propre pouvoir personnel[xxv] ». Inversement, le ministre du Travail, Norman McLarty, lors d’une réunion du comité du cabinet de guerre, en mai 1941, recommande de hausser le salaire minimum des travailleurs des industries de guerre en raison de la hausse du coût de la vie, mais également pour éviter des conflits syndicaux[xxvi]. On s’y oppose, puisque les contrats conclus sont fondés sur les salaires en vigueur, ce qui signifie que toute hausse des salaires devra être transférée aux contribuables, nuisant ainsi au financement de l’effort de guerre[xxvii]. Alors que se poursuit la guerre, les travailleurs sont de plus en plus insatisfaits, et ils seront nombreux à vouloir déclencher une grève.

Grèves

National Steel Car Company, Hamilton

Ouvriers de la National Steel Car Co. travaillant sur le procédé appelé  » Gridley  » qui consiste à faire un creux dans la base d’un obus de 25 livres, 1942. Image reproduite avec l’aimable autorisation de Bibliothèque et Archives Canada.

En février 1941, les travailleurs de l’usine National Steel Car Company à Hamilton, en Ontario, demandent au comité de conciliation du gouvernement de régler la question de la reconnaissance du syndicat[xxviii]. La direction décide plutôt de limoger le représentant auto‑déclaré de la section locale, non autorisée. Le président de la National Steel Car Company était reconnu pour son hostilité envers les syndicats. Le comité de conciliation lui présente ses recommandations, mais la direction refuse de les mettre en place[xxix]. Le 27 avril, les travailleurs quittent leur poste. Le cabinet de King nomme Ernest Brunning, un des hommes à un dollar par année de Howe, pour agir à titre de contrôleur de l’usine[xxx]. Avant la guerre, Brunning avait été président de Consumer’s Glass à Montréal; lui aussi entretenait des idées antisyndicales[xxxi]. Cette intervention du gouvernement mettra fin à la grève. Les travailleurs mis à pied sont réengagés et sont ensuite autorisés à voter pour être représentés par le Steel Workers Organizing Committee. Cependant, Brunning refuse de rencontrer les représentants du syndicat parce qu’un officiel du ministère des Munitions et de l’Approvisionnement lui a interdit de négocier une convention collective au nom de l’employeur[xxxii]. Les travailleurs décident de reprendre la grève lorsqu’ils apprennent  que Brunning rencontre quelques travailleurs qui ne sont pas syndiqués afin de discuter de salaires et de conditions de travail[xxxiii]. King précise, lors d’une réunion du Cabinet, que la politique du gouvernement en matière de négociations collectives doit s’appliquer aux usines sous le contrôle du gouvernement[xxxiv]. Par conséquent, les travailleurs de la National Steel Car Company devraient être autorisés à entreprendre des négociations puisque l’usine est passée sous le contrôle du gouvernement. King rencontre les leaders du mouvement de grève et ils en viennent à un accord : les travailleurs retournent à leur poste et Brunning est remplacé à titre de contrôleur[xxxv]. En bout de ligne, King blâme entièrement la détérioration de la situation sur la compagnie et sur Brunning.

Aluminum Company of Canada, Arvida

Peu après la grève à la National Steel Car Company, les travailleurs de la Aluminum Company of Canada, à Arvida, au Québec, déclenchent également la grève, le 24 juillet 1941[xxxvi]. Le procureur général du Québec, Wilfrid Girouard, est contacté par la compagnie afin de mettre fin à la grève. Girouard avait le pouvoir de demander l’aide de la police fédérale et du personnel militaire du gouvernement canadien. Les conditions de travail malsaines et les salaires insuffisants sont au cœur du conflit[xxxvii]. Par exemple, le 23 juillet 1941, la température atteint 32,2°C; le 24 juillet, elle grimpe à 34,7°C, et dans les salles de fonte de l’usine, les températures atteignent jusqu’à 37,7°C[xxxviii]. Aucun accommodement n’est prévu pour les travailleurs qui, malgré des conditions pénibles, ne gagnent que 51 cents de l’heure[xxxix]. Ils commencent par demander 10 cents de plus, et par la suite, un dollar de l’heure. La grève entraîne un autre problème : que faire de l’aluminium qui se solidifie dans les cuves pendant l’arrêt de travail? (Après la grève, on apprendra qu’il est possible de faire fondre à nouveau l’aluminium, au lieu de nettoyer les cuves.) En raison des pressions qu’exerce ce conflit et de l’ultimatum que Howe présente à King (c’est-à-dire, sa démission), ce dernier annonce que l’armée sera envoyée à Arvida[xl]. Pour ce faire, il doit modifier le Règlement concernant la défense du Canada pour donner à Howe, le ministre des Munitions et de l’Approvisionnement, le pouvoir d’ordonner une intervention immédiate de la GRC ou des forces militaires sans avoir à obtenir au préalable l’autorisation des autorités provinciales [xli].

Le 27 juillet, des soldats canadiens arrivent à Arvida, mais ils ne prendront le contrôle de l’usine que le lendemain, pour permettre à la direction et aux travailleurs de se rencontrer une dernière fois[xlii]. La rencontre est un échec; cependant, les travailleurs finissent par mettre fin à leur grève deux jours plus tard et acceptent de soumettre leurs griefs à la médiation[xliii]. Les soldats partent une semaine plus tard. Howe indique aux journalistes que la grève d’Arvida [TRADUCTION] « est la plus importante interruption de la production de guerre au Canada depuis le déclenchement du conflit[xliv]. » Même si l’aluminium est essentiel à l’effort de guerre et que la production du Canada représentait 40 % des besoins des Alliés, il y avait suffisamment de réserves au Canada et au R.-U. pour éviter une interruption de la construction d’aéronefs dans ces deux pays[xlv].  

Mines d’or de Kirkland Lake

Une des grèves les plus importantes de la Seconde Guerre mondiale est celle des mines d’or de Kirkland Lake, en Ontario. Les mineurs se rassemblent en 1941 après avoir échoué, l’année précédente, à se faire représenter par l’Union internationale des travailleurs de mines, bocards et fonderies dans 12 mines[xlvi]. La commission d’enquête sur les conflits industriels procède à une enquête, en août 1941, et recommande que les mineurs se dotent de leur propre comité d’employés[xlvii]. Les mineurs rejettent cette suggestion parce qu’ils veulent choisir le syndicat qui les représentera[xlviii]. Néanmoins, des comités d’employés seront formés dans chaque mine. George Bateman, le contrôleur des métaux, précise qu’il y a des agitateurs de l’étranger dans les mines de l’Ontario qui, selon lui, constituent une menace communiste[xlix]. À l’automne 1941, les mineurs sont toujours très hostiles aux comités d’employés[l]. Un nouveau conseil de médiation est formé afin d’enquêter, mais les opérateurs de la mine se retirent du conseil en raison de l’affiliation des mineurs au Congrès des organisations industrielles (CIO)[li]. De nombreux entrepreneurs canadiens croient que le CIO est lié à des instigateurs communistes dirigés à partir des É.-U.[lii] La dynamique est similaire à celle du mois d’août précédent, où les opérateurs de la mine refusent de rencontrer les représentants syndicaux, montrant ainsi leur détermination à ne pas reconnaître le choix de représentation syndicale des ouvriers[liii].

Mines Wright Hargreaves, propriétés aurifères de Kirkland Lake, 1934. Image reproduite avec l’aimable autorisation de Bibliothèque et Archives Canada.

Le conseil de médiation formé pour le conflit de Kirkland Lake recommande que le choix de syndicat des mineurs soit reconnu[liv]. Encore une fois, les opérateurs de la mine refusent d’obtempérer. En novembre, une majorité de mineurs votent pour la grève[lv]. Les opérateurs de la mine sont prêts à accepter le choix des mineurs, mais ils ne sont pas intéressés à collaborer avec des agents du CIO. Le gouvernement canadien, à son tour, refuse de confier la mine à un contrôleur et indique qu’il revient aux travailleurs et aux opérateurs de la mine de régler le différend.   

Lorsque les États‑Unis entrent en guerre, en décembre 1941, les responsables du programme de prêt‑bail américain, permettant de fournir du matériel aux nations alliées, n’exigent pas un paiement immédiat et, par conséquent, les États‑Unis ne demanderont pas de remboursements réguliers au Canada[lvi]. Cela signifie que l’extraction de l’or ne constitue plus une priorité. Par conséquent, la grève à Kirkland Lake commence à s’étioler et les opérateurs n’ont plus à déployer tous les moyens possibles pour rouvrir la mine rapidement[lvii]. Les mineurs renoncent à la grève le 12 février 1942[lviii]. Le syndicat émet une déclaration selon laquelle le problème principal de la reconnaissance du syndicat demeure irrésolu et en instance, dans l’intérêt de l’unité nationale du Canada en temps de guerre[lix]. King admet que la grève de Kirkland Lake [TRADUCTION] « a été un grand moment d’embarras, qui risque d’aliéner les travailleurs et de placer le gouvernement dans une position indéfendable[lx] ».

Conclusion

Alors que la guerre progresse, l’humeur des travailleurs canadiens évolue. En septembre 1941, probablement en réponse à la demande de hausses de salaires et à la représentation syndicale accrue, le cabinet de King prend des mesures pour limiter le droit de faire la grève et en octobre, il resserre les contrôles sur les augmentations de salaires[lxi]. Un sondage mené à l’époque demande aux citoyens s’ils appuient les syndicats : 63 % sont pour et 23 % sont contre[lxii]. Le sondage demande également aux répondants si les grèves devraient être interdites dans les industries de guerre : 78 % des répondants jugent que les grèves devraient être interdites dans ces industries et 17 % affirment qu’elles devraient être autorisées. En 1941, on a recensé 231 grèves au Canada, et ce chiffre est passé à 402 en 1943[lxiii].

Plusieurs grèves majeures ont été déclenchées après 1941 : en 1943, des aciéries en Ontario et en Nouvelle-Écosse entrent en grève, touchant environ 13 000 travailleurs, et la même année, les mineurs de 66 mines de charbon en Colombie-Britannique et en Alberta suivent leur exemple pour protester contre le resserrement des salaires[lxiv]. En février 1944, le cabinet de King adopte un décret (PC 1003) qui établit que [TRADUCTION] « les règlements qui encadrent les négociations collectives obligatoires et décrivent les conditions des pratiques de travail équitables ne s’appliquent qu’aux industries de guerre, ainsi qu’aux professions qui y sont liées, au transport, à l’extraction du charbon, etc.[lxv] ». Les employeurs doivent maintenant autoriser leurs travailleurs à se joindre au syndicat de leur choix et sont tenus de négocier avec le syndicat[lxvi]. Le nombre d’accréditations syndicales passera de 358 967 en 1939 à 724 188 en 1944[lxvii]. Vers la fin de la guerre, Howe devient plus conciliant à l’égard du mouvement syndical, un changement de cap qu’il attribue à « son engagement envers la paix industrielle et la production de guerre[lxviii] ». Il est prêt à répondre aux exigences de son époque pour trouver un meilleur compromis[lxix]. À la fin de la guerre, les travailleurs du Canada seront mieux reconnus, mais seulement après de longs combats contre le monde des affaires et le ministère de Howe.

Le premier ministre William Lyon Mackenzie King discute avec des ouvriers de la Burrard Shipbuilding Limited. Vancouver, C.-B., 30 juin 1941. Image gracieusement fournie par Bibliothèque et Archives Canada et l’ONF, c005770.

Cet article a été rédigé en collaboration avec l’association Canadienne pour l’histoire des affaires.


Références

[i] Jack Granatstein, Canada at War: Conscription, Diplomacy, and Politics (University of Toronto Press, 2020, p. 278).

[ii] Desmond Morton, « First World War (WWI) » dans L’Encyclopédie canadienne (2013; révisé 2021). https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/premiere-guerre-mondiale.

[iii] John D. Belshaw, Canadian History: Post-Confederation (BCcampus, 2016, pp. 157–158).

[iv] Bureau fédéral de la statistique, The Canada Year Book 1942: The Official Statistical Annual of the Resources, History, Institutions, and Social and Economic Conditions of the Dominion (Edmond Cloutier, imprimeur du Roi, 1942, p. 354).

[v] Belshaw, Canadian History: Post-Confederation (p. 158).

[vi] Douglas Cruikshank et Gregory S. Kealey, « Strikes in Canada, 1891–1950 » dans Labour (1987, p. 109).

[vii] Grant Dexter, « Minister of Supply » dans Maclean’s (mai 1942).

[viii] Kenneth R. Wilson, « Production H.Q. » dans Maclean’s (mai 1942).

[ix] Ibidem

[x] Granatstein, Canada at War: Conscription, Diplomacy, and Politics (p. 280).

[xi] Taylor Hollander, Power, Politics, and Principles: Mackenzie King and Labour, 1935–1948 (University of Toronto Press, 2018, pp. 85, 93).

[xii] Granatstein, Canada at War: Conscription, Diplomacy, and Politics (p. 280).

[xiii] Ibidem

[xiv] Ibidem

[xv] Robert D. Cuff, « A ‘Dollar-a-Year Man’ in Government: George N. Peek and the War Industries Board » dans The Business History Review (1967, p. 404).

[xvi] Granatstein, Canada at War: Conscription, Diplomacy, and Politics (p. 280).

[xvii] Wendy Cuthbertson, Labour Goes to War: The CIO and the Construction of a New Social Order, 1939­–1945 (UBC Press, 2012, p. 45); Bibliothèque et archives Canada, Journal de William Lyon Mackenzie King MG26-J13 (14 mars 1941).

[xviii] Wilson, « Production H.Q. »

[xix] Cuthbertson, Labour Goes to War (p. 2).

[xx] Bureau fédéral de la statistique, The Canada Year Book 1942 (p. 709).

[xxi] Financial Post (26 avril 1941).

[xxii] Ibidem.

[xxiii] Bibliothèque et archives Canada, dossiers du Bureau du Conseil privé, RG 2, procès-verbal du Comité du Cabinet de guerre (5 mai 1941, 7 C vol. 4, bande c-4653).

[xxiv] Bibliothèque et archives Canada, dossiers du Bureau du Conseil privé, RG 2, procès-verbal du Comité du Cabinet de guerre (5 mai 1941, 7 C vol. 4, bande c-4653).

[xxv] Financial Post (10 mai 1941).

[xxvi] Bibliothèque et archives Canada, dossiers du Bureau du Conseil privé, RG 2, procès-verbal du Comité du Cabinet de guerre (30 mai 1941, 7 C vol. 4, bande c-4653).

[xxvii] Financial Post (10 mai 1941).

[xxviii] Hollander, Power, Politics, and Principles (pp. 103–104).

[xxix] Bibliothèque et archives Canada, dossiers du Bureau du Conseil privé, RG 2, mémoire au premier ministre sur le conflit à l’usine National Steel Car Corporation à Hamilton (31 mai 1941, 7 C vol. 45, bande c-4654).

[xxx] Hollander, Power, Politics, and Principles (pp. 103–104); Toronto Daily Star (30 avril 1941).

[xxxi] Hollander, Power, Politics, and Principles (pp. 103–104, 113).

[xxxii] Ibidem (p. 114); Bibliothèque et archives Canada, dossiers du Bureau du Conseil privé, RG 2, procès-verbal du Comité du Cabinet de guerre (29 juillet 1941, 7 C vol. 5, bande c-4654).

[xxxiii] Hollander, Power, Politics, and Principles (pp. 113–114).

[xxxiv] Bibliothèque et archives Canada, dossiers du Bureau du Conseil privé, RG 2, procès-verbal du Comité du Cabinet de guerre (31 juillet 1941, 7 C vol. 5, bande c-4654).

[xxxv] Hollander, Power, Politics, and Principles (pp. 113–114); Bibliothèque et Archives Canada, Journal de William Lyon Mackenzie King MG26-J13 (31 juillet 1941).

[xxxvi] Bibliothèque et archives Canada, dossiers du Bureau du Conseil privé, RG 2, procès-verbal du Comité du Cabinet de guerre (28 juillet 1941, 7 C vol. 5, bande c-4654).

[xxxvii] Severin Letourneau et W. L. Bond, Commission royale chargée d’enquêter sur les événements qui se sont produits à Arvida, P.Q., en juillet 1941 : rapport des commissaires (Edmond Cloutier, 1941, pp. 7–8, 13).

[xxxviii] Bothwell et Kilbourn, C.D. Howe, A Biography (p. 164); Letourneau et Bond, Commission royale (pp. 4, 8–9).

[xxxix] Letourneau et Bond, Commission royale (pp. 3–4).

[xl] Hollander, Power, Politics, and Principles (p. 100).

[xli] Globe and Mail (30 juillet 1941).

[xlii] John Macfarlane, « Agents of Control or Chaos? A Strike at Arvida Helps Clarify Canadian Policy on Using Troops against Workers during the Second World War » dans The Canadian Historical Review 86 (2005, p. 7).

[xliii] Ibidem

[xliv] Globe and Mail (30 juillet 1941).

[xlv] Ibidem; J. de N. Kennedy, History of The Department of Munitions and Supply Canada in the Second World War: Vol. II. Controls, Service and Finance Branches, and Units Associated with the Department (Edmond Cloutier, 1950, pp. 102–103).

[xlvi] Hollander, Power, Politics, and Principles (pp. 82, 115).

[xlvii] Bibliothèque et Archives Canada, ministère du Travail, RG 27, vol. 6347, dossier 188 : « IDIC Case Reports » (7 août 1941). 

[xlviii] Hollander, Power, Politics, and Principles (p. 115).

[xlix] Bothwell et Kilbourn, C.D. Howe, A Biography (p. 162).

[l] Hollander, Power, Politics, and Principles (pp. 121–122).

[li] Toronto Daily Star (22 octobre 1941).

[lii] Bibliothèque et Archives Canada, dossiers du Bureau du Conseil privé, RG 2, procès-verbal du Comité du Cabinet de guerre (5 mai 1941, 7 C vol. 4, bande c-4653).

[liii] Bibliothèque et Archives Canada, ministère du Travail, RG 27, vol. 6347, dossier 118 : « IDIC Case Reports » (12 août 1941).

[liv] Toronto Daily Star (12 décembre 1941).

[lv] Globe and Mail (11 novembre 1941).

[lvi] Laurel S. MacDowell, Remember Kirkland Lake: The Gold Miners’ Strike of 1941–42 (Canadian Scholars’ Press, 2001, p. 44).

[lvii] Hollander, Power, Politics, and Principles (p. 122).

[lviii] Globe and Mail (12 février 1942).

[lix] Ibidem

[lx] Bibliothèque et Archives Canada, Journal de William Lyon Mackenzie King MG26-J13 (2 décembre 1941).

[lxi] Macfarlane, « Agents of Control or Chaos? » (p. 10).

[lxii] Ottawa Citizen (17 décembre 1941).

[lxiii] Kennedy, History of the Department of Munitions and Supply Canada in the Second World War: Vol. II (p. 362).

[lxiv] Macfarlane, « Agents of Control or Chaos? » (p. 11); Globe and Mail (18 février 1944).

[lxv] Macfarlane, « Agents of Control or Chaos? » (p. 11); Globe and Mail (18 février 1944).

[lxvi] Hollander, Power, Politics, and Principles (pp. 207–208).

[lxvii] Cuthbertson, Labour Goes to War (p. 2).

[lxviii] Bothwell et Kilbourn, C.D. Howe, A Biography (p. 165).

[lxix] Ibidem