Citez

Corée du Sud, le 22 Mai 1951

Par : Dr. Matthew Barrett

Matthew Barrett

Illustrateur

Matthew Barrett est un illustrateur et un historien qui se spécialise dans la création d’histoires graphiques et de bandes dessinées qui visualisent des histoires fascinantes du passé. Il a obtenu un doctorat en histoire de l’Université Queen’s et a été boursier postdoctoral du CRSH au Musée canadien de la guerre. Il est l’auteur de Scandalous Conduct : Canadian Officer Courts Martial, 1914-45, et est le co-auteur et l’illustrateur de Through Their Eyes : A Graphic History of Hill 70 and the First World War.

 

Alors que le printemps de 1951 tire à sa fin, les deux camps se braquent un contre l’autre dans une longue et pénible impasse politique. Les forces de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et de l’Armée des volontaires du peuple chinois agrandissent les champs de mines défensifs qu’ils ont mis en place dans la zone contestée entre la Corée du Nord et la Corée du Sud.

Grâce à une percée des forces de l’ONU, un petit groupe de réfugiés de la Corée du Sud tente, le soir du 22 mai, de retourner chez eux, en territoire libéré. Ils franchissent par mégarde un champ de mines; le groupe composé de six hommes, femmes et enfants est grièvement blessé par la déflagration d’une mine et isolé dans une zone dangereuse.

Masao Kawanami, un soldat du 2 e bataillon du régiment Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (PPCLI) accourt sans tarder sur les lieux, risquant sa vie en traversant le champ de mines. Le sergent Frank Taylor, lui aussi du PPCLI, se joint à lui pour offrir les premiers soins aux blessés. Les deux hommes font six aller-retours dans le champ de mines pour évacuer les réfugiés. Ils amènent les blessés à une infirmerie de campagne; deux d’entre eux succombent à leurs blessures, mais quatre d’entre eux survivent. Kawanami et Taylor reçoivent des accolades et sont cités à l’ordre du jour pour avoir fait preuve de bravoure exceptionnelle.

Kawanami, né en 1923 en Colombie-Britannique de parents japonais, est interné avec toute sa famille pendant la Deuxième Guerre mondiale. Il s’enrôle dans l’armée en 1944, dès la modification de la politique d’admissibilité des Canadiens-Japonais. Ses parents décident toutefois de retourner au Japon après la guerre.

Kawanami prend sa retraite des forces armées en 1967 et travaille par la suite à rétablir les injustices de l’internement. Il meurt en 2005.