« Je pourrais te parler pendant des heures de la misère causée par la guerre, mais cela ne réussit qu’à me déprimer encore davantage. Il ne nous reste plus qu’à attendre le plus calmement possible la fin de ces malheurs. Les Juifs, aussi bien que les chrétiens et la terre entière attendent. Beaucoup n’attendent que la mort. »

(Anne Frank, 13 janvier 1943)

« C’est un vrai miracle que je n’aie pas abandonné tous mes espoirs, car ils semblent absurdes et irréalisables. Néanmoins, je les garde, car je crois encore en la bonté innée des hommes. Il m’est absolument impossible de tout construire sur une base de mort, de misère et de confusion. Je vois comment le monde se transforme lentement en désert. J’entends plus fort, toujours plus fort, le grondement du tonnerre qui approche et nous tuera, nous aussi. Je ressens la souffrance de millions de personnes, et pourtant quand je regarde le ciel, je pense que tout finira par s’arranger. Que cette brutalité aura une fin. Que le calme et la paix reviendront régner sur le monde. »

(Anne Frank, 15 juillet 1944)

Le récit d’Anne Frank, fillette juive d’Amsterdam terrée avec sa famille pour échapper au régime nazi de Hitler, est connu de tous. Pendant deux années, la famille est tapie dans une annexe secrète. Comme les dernières nouvelles sur le jour J et les combats en France ne manquent pas de parvenir à leurs oreilles, les Frank savent que la libération approche. Mais ils n’auront pas la chance de voir ce jour. Une personne de leur entourage trahit la famille, et celle-ci est déportée à Auschwitz, le tristement célèbre camp de concentration. Anne, sa sœur Margot et leur mère Edith n’en ressortiront jamais.

Theodora Nuze, une résidente d’Arnhem, a vécu une situation bien différente. Elle se souvient des Britanniques et de leur tentative ratée de capturer un pont dans sa ville, en septembre 1944. Mais elle se souvient surtout des pénuries. « L’hiver de la faim a été épouvantable, confie-t-elle en entrevue après la guerre. Il n’y avait pas de nourriture. Les enfants fouillaient les poubelles. La nuit, on les entendait marcher, demander de la nourriture aux agriculteurs. Un matin, très tôt, un garçon se promenait en tirant un petit chariot couvert. Ils lui ont dit : « Tu as gagné le gros lot! Qu’as-tu trouvé? » Quand il a retiré la couverture, ils ont vu qu’il s’agissait en fait de sa mère, évanouie, trop faible pour aller chercher de la nourriture sur les fermes. Des cas du genre, j’en ai vu beaucoup! »

Les histoires de résistance – et de représailles – font aussi partie du tableau. Le 29 septembre 1944, l’attaque du véhicule d’un officier allemand par une cellule clandestine néerlandaise fait un mort et un blessé. À titre de riposte, les Allemands arrêtent et déportent dans les camps de concentration 602 hommes de Putten, soit presque toute la population masculine de cette commune. En mars 1945, une cellule de résistance néerlandaise tente de détourner un camion de livraison de viande et abat accidentellement Hans Rauter, l’officier le plus haut gradé des SS néerlandais. Cette erreur a des conséquences tragiques pour 263 prisonniers de guerre néerlandais, exécutés par les Allemands.

Les histoires d’Anne, de Theodora et des combattants de la résistance ne sont qu’une petite tranche de ce qu’ont vécu les Néerlandais pendant cinq longues années d’occupation. Il faut saisir l’ampleur de l’oppression qu’ils ont subie pour bien comprendre leur gratitude envers les soldats canadiens, qui ont libéré le pays en avril et en mai 1945. Plus que vaincre les Allemands, les soldats canadiens ont redonné leur vie au peuple néerlandais. Et celui-ci ne l’a jamais oublié.

Dans le cadre de ce projet, nous explorerons ce moment, il y a 75 ans, où le Canada a été appelé en renfort. Il y a beaucoup à apprendre de cette période importante qui couvre la fin de la campagne de Normandie, en août 1944, jusqu’à la fin de la guerre, près de neuf mois plus tard. Qu’ont vécu les Canadiens? Que signifiait la libération pour les Néerlandais? Comment cette période est-elle vue, aujourd’hui, par ceux qui l’ont vécue (militaires et civils) et par les générations qui les ont suivis? Voilà le genre de questions sur lesquelles vous serez appelés à vous pencher.


Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi il y a chaque année le Festival canadien des tulipes, à Ottawa? Saviez-vous qu’à chaque réveillon de Noël, les enfants néerlandais délaissent leurs douces festivités le temps d’assister à une cérémonie aux chandelles au cimetière de guerre canadien de Holten? Des drapeaux canadiens sont fièrement arborés dans des endroits inattendus, comme les villes néerlandaises d’Apeldoorn et de Groningue et bien d’autres endroits en Europe de l’Ouest, le saviez-vous?   

Ces gestes témoignent du rôle déterminant qu’ont joué les soldats, les marins, les aviateurs et le peuple canadiens dans la libération de la France, de la Belgique et des Pays-Bas durant la Seconde Guerre mondiale. Ce conflit dévastateur a été pour les Canadiennes et les Canadiens l’événement le plus bouleversant du XXe siècle. À l’aube du 75e anniversaire du Jour de la Victoire en Europe, nous gagnons à nous pencher sur cette période difficile et à comprendre comment les Canadiens ont contribué à mettre fin à la tyrannie de l’occupation nazie.

En 1939, le Canada n’est pas tenu d’aller à la guerre comme il l’avait été en 1914, quand la Grande-Bretagne a déclaré la guerre après l’invasion allemande de la Pologne, le 1er septembre de la même année. En fait, le Canada pourrait s’abstenir d’y participer. Aucune menace directe ne guette ses frontières. Comme le sénateur Raoul Dandurand l’a dit en 1924 : « Nous [les Canadiens] habitons une maison à l’épreuve du feu, loin des matières inflammables. » Mais au Canada, d’un océan à l’autre, personne ne doute du danger que posent Hitler et ses sympathisants à tout ce qui leur est cher. Le 10 septembre 1939, une semaine après la Grande-Bretagne, le Canada se joint à l’effort de guerre.

Les horreurs subies au front occidental durant la Grande Guerre, qui a causé quelque 60 000 pertes dans les rangs canadiens, sont encore bien présentes à l’esprit du premier ministre Mackenzie King. Il espère donc pouvoir garder à un minimum la participation canadienne à ce nouveau conflit mondial, et ne tient pas à envoyer d’autres troupes en Europe. C’est plutôt avec la création d’un programme canadien de formation de vol qu’il soutient d’abord les Alliés. Grâce à ses efforts, le Plan d’entraînement aérien du Commonwealth britannique (PEACB) voit le jour; ce plan s’avérera capital dans la contribution du Canada à la victoire des Alliés.

Des troupes canadiennes sont finalement envoyées au combat. Avant la fin de l’année 1939, la 1re Division d’infanterie canadienne est déployée outremer, puis quatre autres divisions dans les deux années qui suivent. La contribution du Canada est également considérable dans les combats aériens et maritimes. À la fin de la guerre, un million de Canadiennes et de Canadiens ont revêtu l’uniforme, et 43 000 d’entre eux ont fait l’ultime sacrifice. Avec une population de 11 millions d’habitants à l’époque, on s’imagine bien que la guerre a touché presque toutes les localités et la majorité des familles au pays. Vous pouvez prendre la mesure du coût de la guerre dans votre région en observant le cénotaphe local ou la plaque commémorative à votre école.

Après l’envoi précipité du premier contingent en Angleterre, l’effort de guerre se déploie lentement. Des citoyens canadiens se battaient déjà partout dans le monde aux côtés de l’armée, de la marine et de l’aviation britanniques, mais l’arrivée d’unités canadiennes au combat a été tardive. Et les débuts des premières unités sont plutôt cahoteux. À leur arrivée à Hong Kong, deux bataillons et un quartier général de brigade sont accueillis par une offensive japonaise agressive lancée en coordination avec l’attaque de Pearl Harbor le 7 décembre 1941. Le 19 août 1942, une prochaine bataille d’importance – et ultimement sanglante – attend les troupes canadiennes lorsqu’elles prennent part au raid sur Dieppe. Au pays, la Marine royale canadienne agrandit peu à peu ses rangs en vue de jouer un rôle de premier plan dans la bataille de l’Atlantique et de veiller à ce que la route de ravitaillement vers la Grande-Bretagne demeure ouverte et sûre pour le transport de marchandises. Du côté aérien, le PEACB commence à former du personnel navigant, notamment des pilotes et des navigateurs; les escadrons canadiens deviennent opérationnels en Angleterre.

C’est vers le milieu de l’année 1943 que la 1re Division canadienne d’infanterie est enfin appelée au combat. Elle est déployée en Méditerranée pour prendre part à l’opération Husky, une attaque amphibie en Sicile. Les forces alliées, avec l’aide des troupes canadiennes, mettent la main sur l’ensemble de la grande île en moins de deux mois, repoussant les Allemands vers le continent et, du même coup, mettant l’Italie hors d’état de nuire.

Devant ce franc succès, le gouvernement canadien augmente le nombre de formations au front, déployant la 5e Division blindée canadienne et le QG du 1er Corps canadien. Ces troupes ne tarderont pas à se voir affubler du surnom de « D-Day Dodgers » puisqu’elles semblent toujours manquer le feu de l’action en France. Bien qu’à l’origine, le surnom se veut une plaisanterie, il est vite adopté par les militaires affectés en Italie comme un symbole d’honneur.

Depuis qu’ils ont été repoussés du continent à l’issue de la bataille de Dunkerque en juin 1940, les Alliés cherchent à refouler les combats vers l’Allemagne. De premières brèches utiles sont pratiquées dans le nord de l’Afrique, en Sicile et en Italie continentale, mais le but ultime a toujours été de libérer la France. Tant que la France est occupée, les Alliés ont peu de chances de pouvoir attaquer directement l’Allemagne. L’offensive aérienne des villes allemandes, seule option envisageable pour l’instant, se développe lentement, puisque les appareils ne sont pas en mesure de porter le coup de grâce qui mettrait fin à la guerre. Peu à peu, le Bomber Command de la RAF réussit à mettre la main sur les appareils qu’il lui faut pour mener des bombardements percutants. La contribution du Canada à cette campagne s’avérera considérable avec la participation du 6e Groupe de l’ARC, une formation composée d’escadrons aux commandes des bombardiers Halifax et Lancaster, habilités à faire des bombardements ciblés en Allemagne.

Le 6 juin 1944, les Alliés procèdent enfin à la très attendue invasion de la France, l’opération Overlord. Une fois encore, le Canada occupe un rôle de premier plan. La 3e Division canadienne d’infanterie foule l’un des cinq principaux points de débarquement, la plage Juno. Ce jour-là, quelque 14 000 troupes canadiennes accostent en France, aidées de 39 escadrons de l’ARC et de 61 navires imposants, 46 péniches de débarquement et 17 bateaux-torpilleurs à moteur de la Marine royale canadienne.

Après le cuisant échec du raid sur Dieppe en août 1942, c’est le jour le plus sanglant de la guerre pour le Canada : 381 soldats tués, près de 600 blessés, et 131 prisonniers de guerre. Et encore, le jour J n’aura été que le début de la fin. Pour en savoir plus sur ce qui s’est passé à la plage Juno le 6 juin 1944, consultez les Récits de Juno, un projet réalisé par Moments Déterminants Canada en 2019. Près de onze mois de combats acharnés s’ensuivront avant la capitulation de Hitler, période pendant laquelle le Canada occupera un rôle central : libération du port d’Anvers, combats dans la Rhénanie allemande et, plus particulièrement, libération des Pays-Bas. Cette importante période est étudiée sous de nombreuses facettes dans ce portail multimédia.

Vous y découvrirez les histoires de Canadiens et de Néerlandais qui se sont retrouvés confrontés à l’atrocité des champs de bataille. Faites la connaissance de Philip Pochailo, qui a pris part à des missions aériennes risquées dans le ciel de l’Europe occupée avec le Bomber Command de la RAF, ou de Charles Byce, un soldat autochtone dont la bravoure face à l’ennemi a été encensée. Lisez la fascinante histoire de Mona Parsons, qui, à ses risques et périls, a secouru des pilotes alliés abattus. Contrairement aux Néerlandais, qui n’avaient d’autre choix devant l’invasion de leur pays, les Canadiennes et Canadiens dont nous racontons l’histoire n’étaient pas contraints de prendre part aux combats, mais ont choisi de le faire. Non seulement parce que c’était la bonne chose à faire, mais aussi parce que le choix contraire eût été impensable.

Dans ce portail, vous trouverez également un guide thématique qui vous aidera à comprendre la chronologie des événements : la course vers Anvers, la bataille de l’Escaut, la bataille de la Rhénanie et la libération des Pays-Bas y seront toutes étudiées. Vous en apprendrez également davantage sur le rôle de l’Armée canadienne, de la Marine royale canadienne et de l’Aviation royale du Canada. Enfin, vous découvrirez les discussions sur l’occupation, la résistance, les répercussions et le souvenir. Ces sections vous donneront le contexte nécessaire pour que vous puissiez entreprendre votre propre parcours de découverte.


Soixante-quinze ans plus tard, le Canada et les Pays-Bas entretiennent toujours un lien profond, forgé dans les horreurs de la Seconde Guerre mondiale. Les Néerlandais ont vécu pendant cinq années sous le joug de l’occupation allemande. Mentionnons au passage que certains ont toutefois choisi le camp ennemi. Les libertés étaient supprimées et les biens, confisqués. Comble de l’horreur, les Juifs étaient déportés vers les camps de concentration. Les hommes en bonne santé étaient contraints aux travaux forcés. Le peuple néerlandais a enduré les privations, la faim et la maltraitance. Même après la libération, des villes et villages subissaient encore des bombardements, des attaques et des combats. Malgré tout, les Alliés, et surtout les Canadiens, ont été accueillis comme des libérateurs. Le temps n’a pas estompé la profonde gratitude du peuple néerlandais; ses enfants et ses petits-enfants ont gardé allumée la chandelle du souvenir.

Chaque année, l’anniversaire de la fin de la guerre est célébré aux Pays-Bas. En 1995, le 50e anniversaire a revêtu une importance particulière. Craignant de ne plus avoir d’autres occasions de remercier en personne les vétérans, des milliers de personnes ont pris part aux cérémonies. Joe Andrews compte parmi les anciens combattants qui se sont rendus sur place. Il a passé cinq ans en Europe avec le Fourth Canadian Armoured Division Signals Corps, livrant des combats en France, en Belgique, en Allemagne et aux Pays-Bas. Vers la fin de la guerre, il a pu compter sur l’hospitalité d’une famille néerlandaise avec qui il a tissé des liens étroits et gardé contact après la guerre.

Dans un essai publié dans le Globe and Mail, Ken Andrews raconte le retour en Europe de son père en 1995 :

Pour sa première visite en Europe continentale depuis la fin de la guerre, mon père portait fièrement ses rubans et ses médailles sur son blazer marine. Ma mère et lui sont allés tous les deux.

Nous regardions le tout à la télévision depuis le Canada : les imposantes parades à Apeldoorn, les milliers d’hommes, de femmes et d’enfants massés le long du trajet pour acclamer et remercier les soldats canadiens, qui avançaient d’un pas plus lent et le dos souvent courbé, mais toujours aussi élégants et fiers alors qu’ils saluaient la foule depuis les plateformes. Ils étaient adorés, célébrés, honorés et accueillis en héros comme ils n’avaient probablement jamais rêvé pouvoir l’être.

Vers la fin, la foule s’est précipitée dans la rue, et les vétérans ne pouvaient circuler qu’en file indienne tandis que les spectateurs leur serraient la main et insistaient pour que leurs enfants touchent les « libérateurs ».

L’expérience qu’a vécue Joe Andrews correspond à celle de bien d’autres vétérans. Après la guerre, il est revenu au Canada et a repris sa vie où il l’avait laissée. Il pensait rarement à la guerre, et n’en parlait pas non plus. Mais tout a changé après son retour aux Pays-Bas, 50 ans plus tard. « Mon père ne s’est jamais vu comme un héros, raconte son fils. Pour lui, un fier Canadien, “c’était la bonne chose à faire”, aller se battre pour son pays. C’est dans des endroits comme Apeldoorn, Vught et Almelo qu’il a pleinement constaté l’énorme apport des centaines de milliers de Canadiens au front. »

John Morgan Gray a été l’un des premiers soldats canadiens à entrer dans Rotterdam après sa libération, en mai 1945. Il se souvient que peu après avoir fini son repas, il parlait avec un groupe de Néerlandais. Une foule s’était massée autour de sa jeep et scrutait les sandwichs et la tarte qu’il n’avait pas touchés. M. Gray a demandé si cela intéressait quelqu’un.

« Un homme me regardait avec stupéfaction : « intéresser? » Il est monté dans mon véhicule, et a commencé à diviser les sandwichs en petits morceaux et à les distribuer. Les hommes mangeaient lentement, savouraient chaque miette, se léchaient les doigts pour ne rien perdre. Les uns ont eu un bout de sandwich, les autres, un bout de tarte. Chacun a eu de quoi satisfaire ses papilles, à manger avec appétit […] De nombreux soldats […] ont vécu des situations semblables cette première journée […] Pour bien des Néerlandais, et pendant longtemps, le goût de la liberté a été celui du bon pain et des bonnes pâtisseries qu’ils avaient presque oublié ».

Après cinq années d’occupation, les Pays-Bas étaient enfin libres, et leurs habitants n’ont jamais oublié le rôle qu’ont joué les Canadiens dans cette liberté retrouvée.


Aux Pays-Bas, la gratitude envers le Canada se fait sentir dans toutes les couches de la société : des enfants dans les petits villages libérés à la famille royale. Quand les Allemands envahissent les Pays-Bas en mai 1940, la reine Wilhelmine et sa famille se réfugient au Royaume-Uni. Sa fille unique, la princesse Juliana, compte sur la protection du Canada pour sa famille et ses filles Beatrix et Irene. Pendant la guerre, la famille loge à Stornoway, à Ottawa, dans ce qui deviendrait plus tard la résidence officielle du chef de l’opposition à la Chambre des communes du Canada.

Le 19 janvier 1943, la princesse donne naissance à sa troisième fille, Margriet, à l’Hôpital d’Ottawa. Le comte d’Athlone, alors gouverneur général du Canada, fait adopter une loi spéciale reconnaissant les chambres de Juliana comme territoire souverain des Pays-Bas afin que sa fille reçoive la seule citoyenneté néerlandaise. La gentillesse du peuple canadien n’a jamais été oubliée. Une fois de retour dans son pays en 1945, Juliana envoie en cadeau à la ville d’Ottawa 100 000 bulbes de tulipes. L’année suivante, elle en envoie 25 000 autres pour en faire un paysagement à l’hôpital où sa fille est née, tout en promettant de continuer à en envoyer 10 000 chaque année. Les magnifiques arrangements de tulipes à Ottawa sont vite devenus populaires. Le Festival canadien des tulipes a lieu officiellement pour la première fois en 1953 et se répète chaque année depuis, témoignant du lien puissant forgé entre le Canada et les Pays-Bas durant la guerre.


Le sujet de l’histoire de la libération canadienne des Pays-Bas et du nord-ouest de l’Europe est vaste. Ce site Web créé par Moments Déterminants Canada ne peut possiblement le couvrir en entier. Mais nous espérons qu’avec notre collection de témoignages, de récits personnels et de ressources importantes soigneusement choisis, nous aurons réussi à piquer votre curiosité sur cette période riche en transformations. Dans cette aventure, vous suivrez les périples et les expériences uniques de Philip Pochailo, de Mona Parsons et de Charles Byce, et aurez l’occasion de voir le monde à travers leurs yeux.   

Philip Pochailo, un jeune homme de Rainy River, en Ontario, s’enrôle dans l’ARC en 1942. Il suit une formation de bombardier, et accomplit une première mission deux ans plus tard, en avril 1944. Sa carrière aérienne est de courte durée : son appareil est abattu deux semaines avant le jour J. Contrairement au reste de son équipage, il atterrit en sûreté et évite d’être capturé. Il se joint à la Résistance néerlandaise et passe ainsi la prochaine année en cavale, jusqu’à ce qu’il soit libéré par les troupes canadiennes à Rotterdam, en 1945.

La situation de Mona Parsons, une femme combattant les nazis, est assez exceptionnelle. Elle vit aux Pays-Bas avec son mari, d’origine néerlandaise. Elle collabore avec une cellule de résistance locale jusqu’à ce qu’elle soit capturée et condamnée à la mort par peloton d’exécution, en septembre 1941. Un officier allemand prend pitié d’elle et modifie sa sentence. Pendant la majeure partie de la guerre, elle sera contrainte aux travaux forcés dans une prison allemande. Elle réussira à s’enfuir. Alors qu’elle traversera l’Allemagne, elle sera sauvée par des soldats des North Nova Scotia Highlanders. Toutes les Canadiennes et tous les Canadiens se doivent de connaître son histoire de défiance et de résilience.

Charles Byce vient de Chapleau, en Ontario. D’origine crie, il vit une enfance difficile au pensionnat local, où il subit son lot de discriminations et la dénégation de sa culture autochtone. Il s’enrôle malgré tout dans l’Armée canadienne en 1940. Il servira en Europe avec le Lake Superior Regiment, et sera décoré à maintes reprises pour sa bravoure au combat. Son histoire admirable fait foi de la force de l’esprit humain.

Dans le cadre du projet, les profils de six militaires canadiens seront dressés en relation avec la ville européenne qui est la plus étroitement liée à leur histoire :

Don White > Leeuwarden, Pays-Bas

Moe Hurwitz > Breskens, Pays-Bas

Tom Law > Ostende, Belgique

Donald Somerville > Arnhem, Pays-Bas

Léo Major > Zwolle, Pays-Bas

Earl Olmstead > Groesbeek, Pays-Bas

Chacune de ces personnes a une histoire fascinante à raconter : Don White a participé à la libération de Leeuwarden en avril 1945; Tom Law se trouvait à Ostende quand sa flotte de vedettes lance-torpilles a été détruite par une explosion accidentelle qui a emporté des dizaines de soldats; Russell Kennedy, un brave ingénieur, a sauvé au péril de sa propre vie des troupes aéroportées britanniques qui avaient survécu à l’échec de l’opération Market Garden. Chaque histoire est racontée à l’aide des souvenirs personnels des protagonistes, d’artéfacts de l’époque, comme des journaux de guerre d’unités, des photographies aériennes et des cartes, ainsi qu’à l’aide d’autres ressources importantes qui vous aideront à mieux comprendre comment s’est déroulée la libération canadienne des Pays-Bas et du nord-ouest de l’Europe. 

Joignez-vous à nous; nous voyagerons dans le temps, il y a 75 ans, dans un monde qui était bien différent de celui que nous connaissons aujourd’hui.


Notes de bas de page

Programme canadien de formation de vol

Le programme a entraîné des pilotes, des navigateurs, des bombardiers et des artilleurs aériens ainsi que du personnel au sol.

Go back.

Margriet
Photo de la princesse Margriet c. 1964. Avec l’autorisation des Archives nationales néerlandaises.

Go back