Le jour de la Victoire en Europe a marqué la fin des combats pour la Première Armée canadienne ainsi que la libération des Pays-Bas. Plus aucune bombe n’était larguée sur les villes allemandes, l’artillerie sur le front occidental était réduite au silence et les tueries avaient cessé dans les camps de la mort, comme Auschwitz et Dachau. Or, la guerre n’était pas terminée pour autant. Les combats se poursuivaient dans le Pacifique. Ils ne prendraient fin que lorsque deux bombes atomiques seraient larguées par les bombardiers américains, au début du mois d’août 1945, sur Hiroshima et Nagasaki. Pour les Canadiens postés aux Pays-Bas, il y avait encore beaucoup à faire.

« Sapeurs du Royal Canadian Engineers (R.C.E.), 5e Brigade d’infanterie canadienne, examinant le matériel laissé par les soldats allemands qui se retirent, Holten, Pays-Bas, 9 avril 1945 » Photo : lieutenant Daniel Guravich. Avec l’autorisation de la Bibliothèque et Archives Canada, 1967-052 NPC.

Le 5 mai 1945, le général Charles Foulkes, en tant que commandant du 1er corps canadien, a accepté la reddition des forces allemandes aux Pays-Bas à l’hôtel de Wereld, à Wageningue. Il faisait face à un certain nombre de problèmes épineux. Ne comptant que 25 000 soldats canadiens sous son commandement, il était désormais responsable de 125 000 soldats allemands. Ces hommes devaient être nourris et surveillés de près. Il incombait également à Foulkes de veiller à ce que le peuple néerlandais soit nourri. C’était une lourde tâche.

« Le Lieutenant-général canadien Charles Foulkes (à gauche), commandant du 1er Corps canadien, en conversation avec le Prince Bernhard des Pays-Bas avant de dicter les termes de la capitulation des Allemands le 5 mai à l’Hôtel de Wereld, Wageningen, Pays-Bas, le 5 mai 1945. » Photo : Alex Stirton. Avec l’autorisation de la Bibliothèque et Archives Canada, a116820.

Foulkes a pris la décision de traiter les Allemands comme des « troupes capitulées » plutôt que comme des « prisonniers de guerre ». Loin de jouer sur les mots, cette précision signifiait que les Allemands demeuraient sous les ordres de leurs propres commandants et étaient responsables de leur alimentation. Si ces hommes avaient été traités comme des prisonniers de guerre, les troupes canadiennes auraient été responsables de leur alimentation. Comme il n’y avait pas assez de nourriture pour tout le monde, il importait de nourrir d’abord le peuple néerlandais. Foulkes était d’avis que « s’il y avait une pénurie de nourriture, les Allemands manqueraient de vivres ».

Foulkes a également reconnu en 1945 que cet engagement présentait quelque chose de différent : « J’espère sincèrement que les bonnes relations établies en Hollande entre les troupes canadiennes et le peuple néerlandais continueront, que nous pourrons favoriser des liens d’amitié entre cette population vaillante qui souffre depuis longtemps et le Canada. Nous avons beaucoup en commun. » Il n’est pas étonnant que les Néerlandais et les Canadiens entretiennent depuis plus de 75 ans une relation privilégiée.

Pour en savoir plus sur les séquelles de la libération des Pays-Bas, cliquez ici.