La course verse Anvers

Fin août 1944. Les Alliés semblent avoir gagné la guerre. La défaite des Allemands apparaît imminente. Le 22 août, la fermeture de la Poche de Falaise scelle la victoire des Alliés à la bataille de Normandie. Au lendemain de la bataille, les troupes allemandes battent en retraite et mèneront encore quelques petits combats d’arrière-garde, mais n’opposeront jamais plus une résistance sérieuse.

« Une infirmière travaillant avec la résistance belge panse une blessure mineure d’un soldat britannique à Anvers, le 11 septembre 1944. » Photo : Ken Bell.  Avec l’autorisation de la Bibliothèque et archives Canada, 1967-052 NPC.

Pendant ce temps, l’Armée canadienne avance plus loin et plus rapidement que jamais. Les Alliés ont pour prochain grand objectif de prendre Anvers, le plus grand port d’Europe. Cette ville belge est essentielle sur le plan logistique : ils pourront s’y ravitailler en vivres, en munitions et en carburant, entre autres marchandises, et ainsi poursuivre leur offensive en territoire allemand. Mais, le port d’Anvers est situé sur l’estuaire d’un fleuve serpentant sur 80 kilomètres à travers un territoire sous occupation allemande. Avant de s’approprier l’estuaire, les Canadiens doivent d’abord s’emparer des petits ports de la Manche.

Ceux-ci, situés au Havre, à Dieppe, à Boulogne, à Calais et à Dunkerque, avaient joué un rôle névralgique dans le ravitaillement des Alliés durant leur avancée vers Anvers. Ces communes avaient été vigoureusement défendues par les Allemands, conscients de l’importance stratégique qu’elles revêtaient pour la force d’invasion alliée.

“Lance-Bombardier R.G. Laidman and Gunner D. Rodgers of the 3rd Light Anti-Aircraft Regiment, Royal Canadian Artillery (R.C.A.), near Antwerp, Belgium, 30 September 1944.” Photo: Ken Bell. Courtesy of Library and Archives Canada, 1967-052 NPC.

Le Havre est la première à tomber. Le 1er Corps d’armée britannique, placé sous le commandement canadien, s’est rapidement emparé du port. Le 1er septembre, les Canadiens prennent Dieppe, site du tristement célèbre raid de 1942. Ils n’auront pas eu à se battre. Les victoires à Boulogne et Calais, toutefois, seront plus chèrement acquises.

Pour capturer Boulogne, les forces alliées lancent le 17 septembre l’opération Wellhit. Si la garnison allemande de Boulogne compte sensiblement le même nombre de soldats que celle du Havre, on ne peut en dire autant des troupes canadiennes, qui représentent moins de la moitié des troupes britanniques déployées au Havre. Par surcroît, les Canadiens bénéficient de beaucoup moins de soutien de la part de la Royal Navy et de la Royal Air Force que n’en ont bénéficié les Britanniques. Ainsi, malgré quoique l’attaque canadienne soit bien coordonnée et bien exécutée, l’opération prendra six jours plutôt que deux.

Boulogne conquise, les Canadiens reprennent immédiatement leur campagne vers le nord pour l’opération Undergo : la prise de Calais. Les 7e et 8e Brigades canadiennes lancent leur attaque à Calais le 25 septembre. Le 30 septembre, au crépuscule du soir, Calais est entre les mains des Canadiens.

La course vers Anvers a été remportée, mais la vraie bataille n’est pas encore commencée. Du début d’octobre aux premiers jours de novembre, les Canadiens prendront part à ce qui s’avérera probablement leur plus importante campagne de la Seconde Guerre mondiale : ils devront dégager les voies d’accès à Anvers, dans ce que l’on nommera la bataille de l’Escaut.

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