L’occupation & la résistance

La guerre s’était abattue sur les Pays-Bas le 10 mai 1940, lorsque Hitler a lancé son attaque contre la France. Les premiers combats ont abouti à une impasse de sorte que les Allemands ont bombardé Rotterdam, une ville sans défense. La plus grande partie du centre historique de la ville a été détruite, laissant 900 morts et 85 000 sans-abri. Peu de temps après, la Hollande a capitulé pour empêcher une autre attaque de ce genre.

Brassard de la résistance néerlandaise. « ORANJE » est un hommage à la Maison d’Orange-Nassau de la monarchie néerlandaise et se connecte à la BBC Radio Oranje, le service de radio du gouvernement néerlandais en exil et à Radio Herrijzend Nederland qui émettent du sud du pays. L’écoute de ces deux programmes était interdite sous l’occupation allemande. Ce brassard se trouve dans la collection du Musée impérial de la guerre, INS 8077.

Au cours des cinq années suivantes, les Hollandais ont vécu sous l’Occupation nazie. La vie libre et facile, c’était fini. Les Allemands imposaient de nouvelles règles, limitant les déplacements, contrôlant les médias, la culture et l’éducation, et décrétant hors-la-loi toutes les organisations non nazies. Certains Hollandais ont eu plus de chance que leurs voisins d’Europe de l’Est en ce que les Allemands voyaient dans les Hollandais non juifs des camarades germaniques qu’ils pouvaient assimiler plutôt que des races considérées comme sous-humaines (par exemple, Juifs, Slaves, Roms) qui devaient être exterminées. Peu importe, les nazis ont impitoyablement dépouillé l’économie du pays en exportant tout ce qu’ils pouvaient, y compris la nourriture. Pour nombre de Hollandais, la seule solution était la résistance.

La résistance a pris plusieurs formes. Dans certains cas, c’était une résistance personnelle et passive, tandis que dans d’autres, elle était publique et risquée. La première forme a été la plus difficile à documenter, car privée et individuelle. Après la conquête et l’occupation des Pays-Bas par les Allemands, les citoyens hollandais devaient choisir entre la collaboration et la résistance et, dans les deux cas, les conséquences pouvaient être douloureuses et potentiellement mortelles. Certains garçons de café ont subitement cessé de parler allemand. Les gens sortaient des cafés au moment où entraient des Allemands ou encore tournaient le dos lors des défilés allemands. Même l’écoute des actualités radiophoniques de la BBC britannique, activité interdite, était considérée comme de la résistance. Il s’agissait d’actions modestes, mais au demeurant dangereuses. Les personnes prises sur le fait pouvaient être emprisonnées, ou pire encore. Et parce que ces actes étaient dangereux, on les qualifiait de patriotiques.

« Les négociateurs allemands et canadiens arrivent dans une école, où ils discutent secrètement de la distribution de nourriture aux Néerlandais affamés qui se trouvent encore dans les zones tenues par les Allemands, 30 avril 1945. Achterveld, Pays-Bas. » Photo : Ernest DeGuire. Avec l’autorisation de la Bibliothèque et Archives Canada, a154126.

Dans le second type de résistance, les gens cherchaient des personnes qui pensaient comme eux, pour former des groupes. C’était un processus lent et incertain. Certaines personnes qui tournaient volontiers le dos aux Allemands n’étaient pas disposées à passer à la désobéissance active. Il n’était pas toujours facile de savoir à qui l’on pouvait faire confiance ou non. Inviter un collaborateur à participer à une cellule de résistance pouvait entraîner l’emprisonnement, la torture ou l’exécution.De plus, les buts divergeaient selon les groupes. Certains œuvraient pour informer et distribuer du matériel de propagande, tandis que d’autres cherchaient à aider les pilotes abattus à fuir en Grande-Bretagne, comme l’a fait Mona Parsons. D’autres groupes avaient des intentions plus meurtrières : ils voulaient tuer des Allemands.

« Des membres de la résistance néerlandaise gardent des compatriotes accusés de collaborer avec les Allemands pendant l’occupation. » Notez le brassard en tissu « ORANJE » sur les membres de la résistance. Septembre 1944. Avec l’autorisation de la Musée mémorial de l’Holocauste des États-Unis et L’administration nationale des archives et records nationale, College Park, 111-SC-194278 (Album 3584).

D’autres combattants de la Résistance hollandaise avaient recours à des approches différentes aux actes manifestes : organiser une embuscade, faire dérailler un train ou couper les lignes téléphoniques. Les actes subversifs, par exemple organiser une grève ou diriger un sabotage industriel, figuraient aussi parmi les tactiques utilisées par les combattants de la Résistance. En règle générale, ces activités ont aidé les Alliés au cours de la libération des Pays-Bas, mais le tribut humain était souvent désastreux.

« Dutch Resistance Headquarters » Avril 1945. Peinture : Capitaine George C. Tinning. Cette pièce d’art se trouve dans la collection du Musée Canadien de la guerre, 19710261-5457.

Les Allemands, estime-t-on, ont exécuté 2 000 Néerlandais soupçonnés d’agir dans la résistance. Il vaut la peine de se demander ce qui inciterait une personne à défier le pouvoir des occupants d’assassiner des civils. Dans quelle impasse les gens devaient-ils se trouver pour risquer leur vie pour un sort meilleur? Les Hollandais n’étaient pas tous des résistants et, en fait, certains ont travaillé avec les Allemands. Par contre, nombreux étaient ceux qui étaient prêts à tout sacrifier. Il fallait du courage, de la détermination, sans faire la moindre imprudence.

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