Fred Pollak, Signals/Intelligence

Biographie

Fred A. Pollak est né le 20 mai 1919 à Březno, en Tchécoslovaquie. Son père étant en partie juif, il a fui avec toute sa famille vers le Canada peu de temps après les Accords de Munich. Ils ont perdu leurs biens presque du jour au lendemain et sont arrivés au Canada sans un sou en août 1939. La famille de Fred s’est établie à Prescott, en Ontario, à proximité d’Ottawa, où il s’est enrôlé dans l’armée canadienne le 21 août 1941.

Fred parlait et écrivait l’allemand. Le Corps des transmissions royal du Canada (CTRC) était désespérément à la recherche de personnes avec les compétences linguistiques de Fred et à peine deux mois plus tard, il s’est retrouvé en service dans le sud de l’Angleterre auprès d’une équipe de renseignements et de transmissions. C’était l’entrée en matière de Fred dans le monde de la surveillance des signaux et de la collecte de renseignements. Il écoutait des transmissions radio allemandes, enregistrait les conversations en sténographie et acheminait ces renseignements aux autorités concernées. Ce travail utile a aidé à sauver des vies.

L’unité de Fred, la section numéro 2 spéciale sans fil, était mobile et se déplaçait en Normandie avec l’armée canadienne à compter du début juillet 1944. Ils étaient souvent bombardés par les forces allemandes. Alors que la guerre avançait en Allemagne en 1945, Fred a tenté de retrouver des membres de sa famille étendue qui n’avait pas fui au Canada en 1939. Il a été témoin des séquelles de l’holocauste et a interrogé des criminels de guerre allemands.

Après la guerre, Fred a poursuivi sa carrière dans le renseignement militaire. Il a monté au grade de major au sein des Royal Canadian Dragoons avant de prendre sa retraite en 1968.

Au cours des dernières années de sa vie, Fred nourrissait sa passion pour l’histoire, sa famille et ses amis et le plein air. Lui et sa femme Ann Pollak (née Guthrie) étaient de grands voyageurs.

Fred Pollak est décédé à Ottawa le 16 octobre 2007, à l’âge de 89 ans. Il a laissé dans le deuil sa femme, ses trois enfants (son quatrième enfant est décédé avant lui), six petits-enfants et deux arrière-petits-enfants.

Contexte de guerre

Le Corps des transmissions royal du Canada

Une armée moderne a besoin de communiquer. Le Corps des transmissions royal du Canada (CTRC) avait pour mandat d’établir et de maintenir la communication entre les divers quartiers généraux et les troupes sur le terrain. Les communications se faisaient par radio, téléphonie, télétype, télégraphe et par service de messager à vélo. Le CTRC fournissait et assurait l’entretien de postes (radio) sans fil pour les diverses formations de combat de l’armée canadienne. Ils réparaient également les réseaux de téléphone endommagés et en construisaient de nouveaux pour connecter les troupes au front aux quartiers généraux et aux centres d’approvisionnement situés aux arrières.

Pendant la bataille de Normandie, le groupe des signaux divisionnel était composé de quatre compagnies (ou escadrons) avec un total de 28 officiers et de 700 autres rangs. Ils assuraient la communication entre l’artillerie, les brigades d’infanterie (ou les brigades d’assaut), les régiments de reconnaissance, le bataillon des mitrailleuses et les ingénieurs de la division.  Le succès en Normandie reposait sur la coordination sans faille de ces unités armées. Les efforts du CCTRC ont rendu ce succès possible.

Le rôle crucial des renseignements des signaux lors du jour J et en Normandie

Le travail des renseignements des signaux consiste à surveiller, intercepter et interpréter des signaux radio. Les opérateurs comme Fred pouvaient écouter les conversations ennemies en temps réel par radio ou par signaux radio afin de déterminer le point d’origine de la transmission. Avec de l’expérience, ils pouvaient également lire la « main » des opérateurs de télégraphe. Fred a servi au sein de la section numéro 2 spéciale sans fil, rattachée à deux corps canadiens pour soutenir les combats en Normandie et dans le nord-ouest de l’Europe. Ils sont fait parvenir des renseignements sur les troupes allemandes au lieutenant-général Guy Simonds et son personnel.  

L’unité de Fred Pollak a joué un rôle important pour contrecarrer les stratégies ennemies au cours des mois qui ont mené au jour J, le 6 juin 1944. Ils lançaient des diffusions à partir de lieux factices situés dans la campagne anglaise pour convaincre l’ennemi que l’armée canadienne s’attroupait à cet endroit pour envahir la France à partir de Pas-de-Calais. Les planificateurs alliés ont présenté les débarquements en Normandie pour détourner les attaques. Le subterfuge principal visait à positionner l’armée canadienne comme élément du faux groupe armé des États-Unis du lieutenant-général George S. Patton. Cette stratégie a amené les allemands a disperser leurs troupes, ce qui a nettement facilité les débarquements. Elle a également permis de retarder les efforts allemands pour renforcer leur position en Normandie. Les fausses communications sans fil de Fred faisaient partie de l’opération Quicksilver. Quicksilver était un plan complexe conçu pour induire l’ennemi en erreur; il comprenait des véhicules et de l’équipement factices, de vrais déplacements de troupes en Angleterre et une campagne de bombardements organisée à Pas-de-Calais (Fortitude Sud).  

L’unité de Fred a passé presque trois années à aiguiser ses habiletés avant le jour J. Lorsqu’ils sont arrivés en Normandie, ils s’étaient longuement pratiqués, à écouter les conversations ennemies et à utiliser leurs signaux pour déterminer l’emplacement des forces ennemies. Ils profitaient également du soutien de Ultra Top Secret, une source de renseignements offerte par les décodeurs et les analystes des renseignements des signaux de la Code and Cypher School du gouvernement britannique à Bletchley Park. Au début de la bataille de Normandie, Bletchley Park avait déterminé l’emplacement du quartier général occidental du Panzer Group. Bletchley Park a communiqué les détails de l’emplacement à la Royal Air Force, qui s’est empressée de bombarder le site. Ce bombardement a prévenu une contre-attaque contre les lieux de débarquement alliés.

Ressources supplémentaires

Newsreels & Films

Armoured Div. Sigs Keep ‘Em Rolling
In Holland, the Armoured Division Signals Royal Canadian Corps of Signals; a forward tank commander sends a messenger to get a new wireless receiver; different communications procedures are shown (wire, dispatch rider); the technical maintenance centre sends a wireless; a machine is returned to the tank and is used.

Morse Code Alphabet Video

Behind the Swastika: Nazi Atrocities
This short documentary reveals the atrocities that occurred in German concentration camps during World War II. With images of suffering humans and mass graves, this film depicts the events that transpired under Hitler’s rule and the condition of the prisoners when they were liberated by the Allied Forces.

Behind the Swastika: Nazi Atrocities, , provided by the National Film Board of Canada