Ken Moore, RCAF

Biographie

Kenneth “Ken” Owen “KO” Moore est né à Rockhaven en Saskatchewan, le 11 août 1922. Il était le cadet d’une famille de huit enfants qui vivait sur une ferme. Même si la famille a beaucoup souffert durant la Grande Dépression, Ken a réussi à terminer ses études secondaires à North Battleford en Saskatchewan.

Tôt après le déclenchement de la guerre, Ken s’est rendu à Vancouver en Colombie-Britannique. C’est là qu’il a rencontré des Américains qui désiraient rejoindre les rangs de l’Aviation royale canadienne (ARC). Ce désir de s’engager alors que leur propre pays n’avait pas encore décidé de se joindre aux Alliés a inspiré Ken qui s’est vite retrouvé au dépôt d’équipage de la MRC situé à Edmonton en Alberta.

Ken avait d’abord l’intention de devenir mécanicien puisque cela pouvait devenir une carrière après la guerre. Un officier l’a plutôt convaincu de se joindre au personnel navigant. Peu après, Ken commençait son entraînement au sein du Programme d’entraînement aérien du Commonwealth (PEACB). Il a obtenu son diplôme de pilote et en 1942, il a fréquenté l’école de reconnaissance générale de Summerside à l’île du Prince Édouard, d’octobre à novembre inclusivement. Il est ainsi devenu un spécialiste en patrouille des océans.

Ken a continué à s’entraîner pendant les sept premiers mois de 1943. Finalement, vers la fin juillet, il a rejoint les rangs de l’escadron 223 de la Royal Air Force (RAF) et a commencé ses activités à bord du Liberator, un avion à très grand rayon d’action. Ken et les dix autres membres de l’équipage ont effectué plusieurs patrouilles aériennes de lutte anti-sous-marine qui partaient du sud-ouest de l’Angleterre pour survoler une région au milieu de l’océan Atlantique que la majorité des avions alliés ne pouvaient atteindre.

Le jour du débarquement, l’escadron de Moore effectuait des patrouilles en “bouchon” dans le but de couvrir la zone située entre le sud de l’Irlande et l’estuaire de la Loire, située dans l’est de la France afin de protéger la flotte alliée des sous-marins allemands (U-boot). Pendant la nuit du 7 au 8 juin, Le lieutenant d’aviation Moore et son équipage ont réussi à couler deux U-boot en 22 minutes près de Brest en France. Pour cet extraordinaire exploit et en reconnaissance de l’efficacité de son équipage, Moore s’est vu remettre l’Ordre du service distingué et la American Silver Star.

Le lieutenant d’aviation Moore a terminé sa période de service qui comptait 61 missions et au printemps 1945, il est devenu instructeur pour les futurs pilotes de Liberators. Il a quitté l’armée, s’est marié et a travaillé chez General Motors jusqu’en 1947, année où l’ARC lui a demandé de reprendre son service. Ken y a servi pendant presque trois décennies prenant sa retraite avec le grade de lieutenant-colonel. Il a également été membre du club Kiwanis.

Ken Moore est décédé le 17 janvier 2008 à Victoria en Colombie-Britannique. Il laissait dans le deuil son épouse des 62 dernières années, 5 enfants et 10 petits-enfants.

Contexte de guerre

Les Canadiens et la Royal Air Force (RAF)

Lors de la Seconde Guerre mondiale, Ken Moore n’a jamais fait partie d’un escadron de l’Aviation royale canadienne. Il a plutôt servi au sein d’une unité impériale formée d’aviateurs provenant de tout l’Empire britannique. Par exemple, la nuit 7 au 8 juin 1944, seulement six des membres de l’équipage de Ken étaient canadiens. Les quatre autres étaient britanniques. D’autres membres de l’escadron venait de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie.

Pourquoi en était-il ainsi? Quand la Grande-Bretagne et ses dominions ont négocié Le Plan d’entraînement aérien du Commonwealth Britannique en 1939, ils ont pris une disposition nommée Article XV pour former les escadrons australien, canadien et néo-zélandais. Néanmoins, tous les diplômés du PEACB sélectionnés pour servir outre-mer étaient dans un même pool pour être ensuite affectés à un escadron de la RAF ou à un escadron de l’Article XV, dépendamment des besoins opérationnels. Cela a eu comme résultat que 60% du personnel de l’ARC ayant servi outre-mer, l’a fait dans une escadron de la RAF à un moment ou à un autre.

La disposition de l’Article XV était attribuable en grande partie au gouvernement canadien du Premier Ministre W. L. Mackenzie King. Alors que la guerre progressait, le Canada a exercé de la pression sur le gouvernement britannique afin d’allouer du personnel canadien aux escadrons de l’ARC tel que stipulé dans l’Article XV. Ce procédé a par la suite été baptisé “canadianisation”. En date du 6 juin 1944, le pourcentage cité plus haut avait considérablement diminué.

Les escadrons anti-sous-marins de la RAF

En 1944,le Royaume-Uni comptait 4 commandements: Le commandement de la défense côtière, le commandement de chasse, le commandement de bombardiers et le commandement du transport. Le commandement de la défense avait pour mission d’assurer la protection des navires voyageant dans les îles britanniques et celle des convois alliés contre la menace des sous-marins allemands et des avions ennemis. Ce rôle défensif était crucial autant pour assurer le maintien de l’économie de guerre britannique que pour bâtir la force alliée globale nécessaire à l’invasion de la France occupée. Le commandement de la défense côtière était également en mesure de mener un offensive contre les navires de guerre allemands et leurs navires marchands.

La présence des U-boot allemands le long des côtes françaises constituait une menace considérable pour la flotte d’invasion et pour l’approvisionnement des troupes lors du débarquement en Normandie. L’escadron de Ken Moore y a joué un rôle important en perturbant les activités des U-boot dans la région. Il volait en “bouchon” afin de fournir une protection aérienne constante le long des trajets empruntés par les U-boot. À tout le moins, ces patrouilles avaient pour effet de décourager les U-boot à remonter à la surface le jour et la nuit. L’équipage du Liberator B-24 avait à son bord un radar qui pouvait détecter les sous-marins lorsqu’ils étaient en surface ou si leur périscope était en dehors de l’eau, plus particulièrement durant la nuit.

Il était difficile de couler un U-boot du haut des airs. De plus, comme Moore l’a indiqué dans une interview, il était aussi très difficile d’en avoir la confirmation puisque l’avion ne pouvait pas s’attarder longtemps dans la région. Des sources allemandes rapportent que l’équipage de Moore n’a probablement coulé qu’un seul U-boot durant la nuit du 7 au 8 juin 1944. Néanmoins, les attaques lancées contre les U-boot faisaient beaucoup de dommages et augmentaient le niveau de danger pour les marins allemands et forçaient les sous-marins à descendre sous la surface de l’eau. Une fois submergés, les U-boot représentaient un moindre danger pour les navires alliés.

Additional Resources