Cécile Grimard-Masson, Arsenal Québec

Biographie

Cécile Grimard-Masson est née à Québec le 20 avril 1924. Peu de temps avant la Seconde Guerre mondiale, Cécile a rencontré un jeune homme avec qui elle correspondait tout au long de la guerre. Il s’est inscrit dans l’armée en 1939, et est parti servir en Italie avec le Royal 22e Régiment.

En 1941, Cécile a trouvé du travail à l’Arsenal de Québec, où elle fabriquait des balles et des obus d’artillerie. Malgré ses 17 ans, elle a gravi rapidement les échelons et est devenue sous-contremaître, chargée du travail et au bien-être d’une cinquantaine d’employés.

Cécile s’est jointe aussi au Women’s Volunteer Reserve Corps, où elle veillait au bien-être des militaires canadiens. Elle servait les repas au YMCA, aidait les hommes à écrire à leurs proches, et faisait visiter la ville de Québec aux nouveaux venus.

En 1944, Cécile a joint au Service féminin de l’Armée canadienne (CWAC). Elle s’est entraînée à Kitchener, en Ontario, avant d’être affectée dans un entrepôt d’équipement militaire à Montréal où elle inventoriait, emballait et envoyait de l’équipement partout au pays et à l’étranger. C’est dans cet entrepôt qu’elle a rencontré celui qui deviendra son mari.

Cécile Grimard épouse Roger Masson en 1947. Ils auront sept enfants.

Cécile était vivante, mais veuve, en 2016. Si vous avez des renseignements sur sa vie, n’hésitez pas à nous contacter.

Contexte de guerre

Fabrication des munitions

Avant la Seconde Guerre mondiale, l’usine de guerre où travaillait Cécile, l’Arsenal fédéral de Québec, était la seule fabrique de munitions au Canada. On y produisait 750 000 munitions par mois.

En avril 1940, le gouvernement fédéral met sur pied le Ministère des Munitions et des Approvisionnements, confié au ministre C.D. Howe, pour contrôler la production de munitions au Canada. Son ministère convertit et construit des usines partout au pays pour fabriquer des munitions de petit calibre et des obus d’artillerie. À la fin de la guerre, les usines de munitions du Canada, où travaillent plus de 30 000 ouvriers, produisent 72 millions d’obus d’artillerie et d’obus de mortier, et environ 4,5 milliards de munitions de petit calibre.

Pendant toute la Seconde Guerre mondiale, les travailleurs de guerre du Canada produisent 400 navires de guerre, 391 navires marchands, 16 000 aéronefs militaires, 251 000 mitrailleuses, 850 000 véhicules militaires, et 900 000 armes à feu. En 1945, le Canada est le quatrième producteur de munitions parmi les pays alliés, après les États-Unis, l’Union soviétique, et le Royaume-Uni.

Service féminin de l’Armée canadienne

 

Cécile s’enrôle dans le Service féminin de l’Armée canadienne (CWAC), dont la création repose sur deux facteurs. Tout d’abord, lorsque le Canada entre en guerre en septembre 1939, des douzaines de services militaires féminins apparaissent partout au pays, mis sur pied et rejoints par des milliers de femmes qui veulent servir leur pays. Le Service féminin de l’armée canadienne, auquel Cécile appartient, est actif au Québec, en Ontario, et dans les Maritimes. Leurs dirigeants font pression auprès d’Ottawa pour l’établissement d’un service auxiliaire pour les femmes.

Ensuite, tandis que la Seconde Guerre mondiale devient un conflit international devant mobiliser tout le poids de l’économie canadienne, les forces armées devaient gonfler leurs troupes. L’Armée canadienne fonde le CWAC le 30 juillet 1941, et commence à recruter en septembre. En mars 1942, le Service est intégré à l’Armée, dont il adopte les rangs et les insignes, tandis que les femmes qu’il regroupe sont assujetties à la loi militaire canadienne.  

Pour être admises au CWAC, les femmes devaient être des sujets britanniques (la citoyenneté canadienne n’a été instaurée qu’après la guerre) et être âgées de 18 à 45 ans. Elles devaient être célibataires, sans enfant ni personne à charge. Les recrues du CWAC devaient avoir complété 8 années d’études, peser au moins 105 livres, et mesurer au moins 5 pieds. La bonne condition physique était au centre de leur instruction de base, il était donc obligatoire d’être en excellente santé.

Le CWAC rend de nombreux services à l’Armée canadienne. Certaines de ses membres sont affectées à des tâches conventionnellement féminines comme la lessive, la cuisine ou la couture, tandis que d’autres travaillent comme personnel administratif, ou deviennent assistantes médicales ou dentaires, mécaniciennes, téléphonistes, opératrices radar ou conductrices. La plupart servent au Canada, mais à partir de 1943, des centaines sont déployées à l’étranger dans de nombreux quartiers généraux. En 1945, 156 femmes du CWAC servent dans des théâtres de guerre du nord-est de l’Europe et 43 en Italie.

En tout, 21 624 femmes ont servi dans les CWAC de 1941 à 1946. Ces femmes ouvrent la voie vers la pleine intégration des femmes dans les Forces armées canadiennes. Elles sont aussi confrontées à la discrimination: les membres du CWAC ne gagneront jamais plus de 80 pourcent du salaire de leurs homologues masculins. Certains civils (et militaires) n’ont jamais approuvé du travail des femmes à l’extérieur du foyer. D’après eux, seules les « mauvaises filles » auraient pu songer à rejoindre le service militaire.

Additional Resources

Newsreels & NFB Films

Women in Uniform
Canadian Women’s Army Corps: Major A. Sorbie meets Commander Riley in England; C.W.A.C.s in secretarial duties; a draughtswoman; kitchen duties at their barracks, relaxing.

Proudly She Marches
This film from the Second World War is a report on how Canadian women were trained to handle many kinds of work in the Canadian Women’s Army Corps, the Royal Canadian Air Force and the Women’s Royal Canadian Naval Service. Basic training, everyday life in the forces and the contribution of women to Canada’s fighting strength are illustrated.

Proudly She Marches , Jane Marsh, provided by the National Film Board of Canada

Proudest Girl in the World
This wartime short is a musical recruiting film for the Canadian Women’s Army Corp.

Proudest Girl in the World, Julian Roffman, provided by the National Film Board of Canada