Jeanne Bouchard, WRCNS

Biographie

Jeanne Bouchard a vu le jour le 19 octobre 1922 à Les Méchins, en Gaspésie, au Québec. Ses parents avaient une ferme, où elle a grandi avec ses deux frères et ses deux sœurs. Au décès de ses parents, elle a quitté le cocon familial et a entrepris des études en administration des affaires au Couvent du Bon Pasteur, à Matane.

En 1941, à l’âge de 18 ans, Mme Bouchard s’est enrôlée dans le Service féminin de l’Armée canadienne, à la Citadelle de Québec. Elle est alors devenue la 124e Québécoise à joindre les rangs de l’Armée canadienne. Elle a passé quatre semaines à Kitchener, en Ontario, pour son instruction de base.

Après avoir réussi sa formation, Jeanne Bouchard s’est spécialisée en sténographie et en dactylographie à Toronto. Dans ses temps libres, elle étudiait les langues et la comptabilité. Son travail a fini par porter ses fruits : elle a été embauchée comme administratrice militaire à Québec. Elle y a tenu les livres de gestion des rations et de la paie.

Jeanne Bouchard a quitté l’armée le 24 janvier 1946. La même année, elle a épousé Georges Guimont, qui avait servi au sein de l’Aviation royale canadienne durant la guerre. Ils ont adopté un fils, Bernard Guimont. Mme Bouchard a également travaillé comme gérante adjointe d’un magasin Paquet.

Jeanne Bouchard est décédée le 5 juin 2018 à la Maison Paul-Triquet, une maison de retraite pour les vétérans située à Québec. Elle était âgée de 95 ans.

Contexte de guerre

Le Service féminin de l’Armée canadienne

Jeanne Bouchard s’est enrôlée dans le Service féminin de l’Armée canadienne (CWAC). Deux facteurs expliquent la raison d’être du CWAC. D’abord, lorsque le Canada est entré en guerre en septembre 1939, des milliers de femmes canadiennes qui désiraient servir leur patrie ont formé des dizaines de corps d’armée improvisés partout au pays. Leurs dirigeantes ont fait pression sur Ottawa pour la création de services auxiliaires féminins.

Ensuite, à mesure que la Seconde Guerre mondiale prenait de l’ampleur à l’échelle planétaire, l’économie canadienne devait être mise à pleine contribution, et les forces armées avaient besoin de main-d’œuvre. L’Armée canadienne a fondé le CWAC le 30 juillet 1941, et a commencé le recrutement en septembre de la même année. En mars 1942, le CWAC a été intégré dans l’armée. Ses membres ont donc adopté les grades et les insignes de l’Armée canadienne, et relevaient désormais du droit militaire canadien.

Les femmes qui souhaitaient joindre les rangs du CWAC devaient être des sujets britanniques (la citoyenneté canadienne n’existait pas avant la guerre) célibataires, sans enfants ni personnes à charge, et avoir entre 18 et 45 ans. Elles devaient avoir terminé leur 8e année, peser au moins 105 livres (48 kg) et mesurer au moins 5 pieds (1,52 m). Comme l’entraînement physique occupait une grande place dans l’instruction de base, il fallait absolument être en excellente santé.

Les membres du CWAC occupaient divers rôles dans l’Armée canadienne. Certaines assumaient des tâches traditionnellement réservées aux femmes, comme la lessive, la préparation des repas ou la couture, d’autres occupaient des postes administratifs et d’autres encore occupaient des emplois spécialisés, comme assistante médicale ou dentaire, mécanicienne, opératrice radar ou chauffeuse. La plupart ont servi en sol canadien, mais à partir de 1943, des centaines de membres ont été affectées outremer, à divers quartiers généraux. En 1945, 156 membres du CWAC étaient dans le Nord-Ouest de l’Europe, et 43 en Italie, deux théâtres de guerre actifs.

De 1941 à 1946, ce sont 21 624 femmes qui ont servi au sein du CWAC. Ces femmes ont ouvert la voie à la pleine intégration des femmes dans les Forces armées canadiennes. Elles ont vécu leur part de discrimination : elles n’ont jamais touché plus de 80 % du salaire de leurs collègues masculins. Leur présence dans l’armée était mal vue par certains civils, et même par des membres du personnel militaire, qui n’approuvaient pas que les femmes travaillent en dehors du foyer et qui affirmaient que seules les « mauvaises filles » s’enrôlaient.

Additional Resources

Newsreels & Films

Women in Uniform
Canadian Women’s Army Corps: Major A. Sorbie meets Commander Riley in England; C.W.A.C.s in secretarial duties; a draughtswoman; kitchen duties at their barracks, relaxing.

To the Ladies
From the Canada Carries On series, this is a tribute to the women of Canada for their part in the World War II effort. The Canadian Women’s Army Corps and homemakers alike were called upon to do their part. From careful budgeting in the home to services rendered overseas, women’s work was integral to the well-being of all.

To the Ladies, provided by the National Film Board of Canada