Arnott England, Regina Rifles

Biographie

Arnott Graydon England est né le 14 mai 1923 à Tabusintac au Nouveau-Brunswick, à quelques 50 kilomètres au nord-ouest de Miramichi. Il était le cadet de neuf enfants et son père possédait une petite ferme en plus de travailler dans l’industrie du bois. La Grande dépression a été une période difficile pour la famille England. Arnott se souvient d’avoir dû payer son épicerie avec des cordes de bois, forme de paiement acceptable à l’époque. L’un des frères aînés d’Arnott, Graham, l’a initié aux raisons politiques qui ont mené au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en Europe. Arnott voulait s’enrôler dans la marine, mais sa mère s’y opposait vivement, ne voulant pas que son fils disparaisse en mer. S’enrôler dans l’armée était l’alternative mais ce ne fut pas facile. On l’a presque refusé à cause de son poids, mais déterminé, il a réussi à joindre l’armée. Le 6 juin 1944, les troupes de renfort, dont faisait partie le fusilier Arnott England, ont débarqué sur la plage Juno. Arnott a par la suite joint les rangs de la Compagnie B du Regina rifles regiment qui avançait vers Bretteville-l’Orgueilleuse, un village français situé le long de la route et de la voie ferrée qui reliaient Caen à Bayeux, deux des plus grandes villes situées dans le secteur britannique et canadien. Au cours des jours suivants, Arnott et ses compagnons se sont battus contre les troupes féroces de la 12e Division SS Panzer de la Jeunesse hitlérienne. Arnott a survécu aux affrontements et a continué son service au sein du Regina rifles regiment en Normandie, à travers la France, la Belgique, la Hollande et même en Allemagne. Après la guerre, Arnott est revenu au Nouveau-Brunswick et a épousé Muriel Evelyn Cove en 1947. Ils ont eu quatre filles et trois garçons, bien que Arnott junior ait frôlé la mort en 1953 alors qu’il n’était qu’un nourrisson. Pour soutenir sa famille, Arnott a travaillé comme plombier indépendant. Il n’a jamais discuté avec sa famille de ce qu’il avait vu ou fait . Même trente ans après la fin de la guerre, il éprouvait encore de la difficulté à dormir. Arnott voulait faire son effort de guerre, mais il en été marqué pour la vie, particulièrement par son expérience avec la Jeunesse hitlérienne. Arnott England est décédé le 19 juin 2008, à l’âge de 85 ans.

Contexte de guerre

La forteresse canadienne Les soldats de la 3e division de l’infanterie canadienne ont joué un rôle crucial lors du Débarquement en Normandie. Les troupes avaient pour mission de percer le mur de l’Atlantique sur la plage Juno. Par la suite, ils ont reçu l’ordre d’avancer à l’intérieur des terres vers des positions prédéterminées (une forteresse) qu’ils utiliseraient pour arrêter la contre-attaque probable des Allemands. L’allemagne nazie se devait d’assembler un grand nombre de chars d’assaut et un bataillon d’infanterie motorisée pour revenir vers les plages en force s’ils espéraient arrêter l’invasion. Pour vaincre l’armée allemande, les Alliés devaient maintenir leurs positions et gagner du temps pour permettre aux troupes et à l’équipement nécessaires de débarquer sur la plage. Le secteur canadien, au-delà de la plage Juno, comptait un territoire que les planificateurs alliés savaient être importants pour les Allemands qui voudraient sans doute les reconquérir dans leurs contre-attaques. Le fusilier Arnott England servait au sein de la Compagnie B du Regina rifles regiment. Le 6 juin 1944, son unité a pris d’assaut Courseulles-sur-Mer subissant d’énormes pertes, mais les soldats ont poursuivi le combat en direction de Reviers où ils ont capturé des ponts stratégiques qui reliaient la plage Juno. Le régiment s’est arrêté à La Fresne-Camilly pour y passer la nuit. Le 7 juin 1944, le régiment capturait Bretteville-l’Orgueilleuse. C’est sans doute là où Arnott s’est joint à lui après le Jour J. Ce village normand chevauche une route importante et une voie ferrée et aurait pu devenir un lieu stratégique pour les troupes allemandes qui étaient sur le point de contre-attaquer dans le but de repousser les Alliées dans la Manche. Bretteville était l’une des positions prédéterminées pour établir la forteresse canadienne. La compagnie B d’Arnott s’était vu confier la tâche de protéger la route et les champs situés à l’est du village. Tard le 8 juin, la 12e Division SS Panzer (la Jeunesse hitlérienne) a envoyé environ 40 chars d’assaut provenant des alentours de Caen en direction de Bretteville, accompagnés d’une division d’infanterie (équipée de motocyclettes) et de l’artillerie. L’infanterie canadienne et les canons anti-chars les ont reçus avec un barrage de tirs. L’infanterie canadienne a eu la bonne idée de laisser les Panzers passer pour ensuite attaquer les troupes allemandes qui étaient sur leur motocyclette ou à pieds. La Compagnie B a éventuellement été renversée, mais elle avait réussi à priver les Panzers du support de l’infanterie. Les chars d’assaut ont poursuivi leur route vers Bretteville se rendant presque au quartier général du régiment de Régina. Sans l’infanterie allemande, les chars étaient vulnérables aux soldats canadiens qui les pourchassaient avec leurs armes antichars. Le Regina rifles regiment a cédé un peu de ses positions mais il a tenu le coup. Les soldats de la Jeunesse hitlérienne n’ont pas réussi à sécuriser une position d’où ils espéraient lancer une attaque encore plus importante. Cet échec s’explique en partie par les agissements du commandant allemand, Wilhelm Mohnke, qui était trop occupé à assassiner des prisonniers de guerre canadiens plutôt qu’à coordonner l’attaque de son régiment. Lors d’un autre incident, sur le champ de bataille situé à l’est de Bretteville, on a retrouvé les corps de 13 soldats canadiens assassinés dont la plupart faisaient partie de la Compagnie B d’Arnott. Arnott a dit que la troupe de Jeunesse hitlérienne refusait de se rendre. Les soldats allemands avaient été endoctrinés à croire que les Alliés ne faisaient pas de prisonniers. Cette attitude de “pas de prisonniers de guerre” s’est installée entre les Canadiens et la 12e Division SS après que les Allemands ont commencé à tuer leurs prisonniers le 7 juin, à l’Abbaye d’Ardenne et le 8 juin au Château d’Audrieu.

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